18/06 2022
20:00 h

Omer Klein Trio

Le pianiste de jazz et compositeur israélien Omer Klein fait partie d'un petit groupe de maîtres pianistes. Sur son dernier album, le plus personnel à ce jour, "Personal Belongings", il nous invite à une observation subtile de l'état actuel du monde. Composés pendant l'année pandémique 2020, les dix morceaux reflètent la réalité de Klein en tant qu'homme, pianiste, compositeur, chef de groupe, père et artiste entre les cultures.

La première vague de Covid l’a également confronté à des défis insoupçonnés. Né en Israël, actuellement domicilié à Francfort, sa vie de musicien dans sa valise s’est brutalement terminée du jour au lendemain au printemps 2020. Klein, qui n’est pas du genre à s’apitoyer sur le présent, a commencé à
a alors commencé à utiliser son temps libre pour composer. Ses émotions et ses expériences des moments où de vastes parties de la terre semblaient s’être arrêtées, où de nombreuses personnes tombaient malades et où des images terribles marquaient le temps, demandaient à être exprimées.
En tournant son regard alternativement vers l’intérieur et l’extérieur, il a successivement créé un fil narratif d’une dynamique et d’une profondeur extraordinaires, en observant le petit dans le grand. Pour donner une force expressive aux méandres constants entre la solitude et le désir d’être ensemble, Klein a opté pour une composition spéciale des dix morceaux de « Personal Belongings ». Entre six pièces pour piano solo, dans lesquelles il intensifie sensiblement sa relation avec le piano, on trouve quatre enregistrements avec ses compagnons de longue date Haggai Cohen-Milo (basse) et Amir Bresler (batterie). La tension qui en résulte crée une alternance captivante et saisissante de recueillement silencieux et de communion en trio pleine d’énergie. Les morceaux imbriqués « Kavana » et « Baghdad Blues » témoignent dès le début de l’album de cette vivacité particulière, avec leurs ingrédients de romantisme proche-oriental et la force d’improvisation du jazz. « The Magnets », dans lequel Klein fait le lien entre l’Amérique du Sud et les grands génies de la composition du haut romantisme, est une chanson d’amour fiévreuse et obsédante qui surprend par sa fin pastorale – l’un des moments les plus intimes du répertoire de Klein. Comme le lyrique « Sun Girl », ce morceau a été inspiré par sa relation avec sa partenaire de vie. Le gracieux « The Flower And The Seed », dansant presque avec insouciance et gaieté, est en revanche dédié à ses enfants. La liberté, l’échange et le lien entre les personnes, les pays, les coutumes et les langues y jouent un rôle prépondérant. Klein et ses deux coéquipiers ont été formés au jazz et à sa recherche permanente et sans limites d’expansion. En même temps, la musique de Klein est divertissante au sens où elle est la bienvenue. Le shuffle-swing funky « Shake It » n’est pas facile à jouer, mais ses couronnes mélodiques permettent à tous ceux qui n’avaient jamais entendu parler de jazz jusqu’à présent d’y accéder immédiatement. Klein ne cherche jamais à impressionner par sa technique de jeu, mais s’intéresse toujours à rendre sa musique aussi riche que possible. Parfois, il se sert de sources d’inspiration littéraires, comme dans le mystérieux morceau solo « Najara », qui porte le nom d’un poète liturgique juif. La poésie de la nostalgie de ce dernier a inspiré à Klein l’un de ses motifs les plus empathiques. Klein a délibérément placé à la fin une interprétation instrumentale poignante du classique « What A Wonderful World ». Il s’agit d’une déclaration profonde, car en étudiant les paroles de la chanson, il s’est rendu compte que derrière leur bonhomie se cachait une grande douleur. 2020 n’était pas seulement l’année Covid. Elle signalait également l’importance du mouvement #BlackLivesMatter. « The colors of the rainbow, so pretty in the sky » – affirmer la beauté des différences de nos couleurs de peau et de nos cultures était pour Klein presque un impératif conciliant dans l’intention de mettre une note finale à « Personal Belongings ». Une autre phrase finale n’est pas moins émouvante à l’époque de Covid : « I see friends shaking hands, saying how do you do, they’re really saying I love you ».

 

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